Que savons-nous des abattoirs ?

Dans le cadre des Jeudis de l’actualité, la bibliothèque Georges Brassens accueille ce jeudi 28 mars à 19h une rencontre intitulée « Que savons-nous des abattoirs ? ». En compagnie de Raphaël Girardot & Vincent Gaullier, réalisateurs du documentaires Saigneurs (ISKRA, 2017), d’Olivia Mokiejewski, journaliste et auteur de Le peuple des abattoirs (Grasset, 2017), de Sébastien Mouret, sociologue et chargé de recherche à l’INRA, et de Anne-Laure Pham, journaliste spécialisée dans l’alimentation, nous interrogerons les conditions de travail en abattoirs, dernier lieux tabous de la société contemporaine, vivant au rythme effréné de la surconsommation.

Entrée gratuite, sur inscription au 01 53 90 30 30 ou en nous écrivant à bibliotheque.georges-brassens@paris.fr

Savez-vous que les abattoirs furent créés en France au XIXe siècle sous Napoléon Ier ? Avant cela, les bouchers tuaient les bêtes près de leur étal, laissant le sang se déverser dans les rues…

Tacuinum Sanitatis de Ibn Butlân, XIVe siècle. Source : Gallica / BNF.
Tacuinum Sanitatis de Ibn Butlân, XIVe siècle. Source : Gallica / BNF.

Non loin de nous, sur le site de l’actuel parc Georges Brassens dans le 15e arrondissement, les abattoirs de Vaugirard ont fonctionné jusqu’à la fin des années 70.

Concours du meilleur ouvrier boucher aux abattoirs de Vaugirard, Agence de presse Mondial Photo-Presse, 1932. Source : Gallica / BNF.
Concours du meilleur ouvrier boucher aux abattoirs de Vaugirard, Agence de presse Mondial Photo-Presse, 1932. Source : Gallica / BNF.

Aujourd’hui, environ 20 abattoirs sur les 263 existants réalisent 50 % de la production. Cela signifie que la cadence imposée aux ouvriers est infernale et qu’ils doivent exécuter les mêmes gestes continuellement.

Pour approfondir le sujet, nous vous conseillons la lecture de ces quelques ouvrages :

À l'abattoir, Stéphane Geffroy, Seuil 2016.

À l’abattoir de Stéphane Geffroy (Seuil, 2016).
L’auteur raconte son quotidien d’employé sur la chaîne d’abattage d’un grand groupe agro-alimentaire français, la difficulté de ce métier et comment sa vie a pris un nouveau départ grâce à son engagement syndical, dans un milieu qui y est pourtant hostile. Également disponible au format epub dans la Bibliothèque numérique de la Ville de Paris.

Sainte Jeanne des abattoirs, Bertolt Brecht, L'Arche, 2008

Sainte Jeanne des abattoirs de Bertolt Brecht (L’Arche, 2008).
Cette pièce de Bertolt Brecht, écrite à la fin des années 20, est une féroce critique du système capitaliste : Jeanne Dark, croyante fervente, a l’espoir de pouvoir aider les travailleurs des abattoirs de Chicago. Mais, face à la misère sociale et morale des pauvres, son discours spirituel ne fait que conforter le système et le pouvoir des industriels.

Le peuple des abattoirs, Olivia Mokiejewski, Grasset 2012Le peuple des abattoirs d’Olivia Mokiejewski (Grasset, 2017)
La documentariste relate son expérience au sein d’un abattoir pour expliquer le quotidien des ouvriers et leurs conditions de travail. Elle émaille ses propos de portraits, de récits de rencontres et de témoignages.

 

À la ligne de Joseph Ponthus, La Table Ronde, 2018

À la ligne de Joseph Ponthus (La Table Ronde, 2019)
Le narrateur, un homme lettré, devient ouvrier intérimaire dans les usines de poissons et les abattoirs de Bretagne. Dans ce récit proche de l’épopée, à la prose rythmée et aux registres variés, il décrit le quotidien de la condition ouvrière, ses gestes, ses bruits, la fatigue et les rêves confisqués tout en se souvenant de sa vie d’avant, baignée de culture et d’imagination. Premier roman faisant partie de la sélection pour le Prix Premier Roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris pour lequel vous pouvez voter jusqu’au 27 avril 2019 ! Ce livre est également disponible au format epub dans la Bibliothèque numérique de la Ville de Paris.

Et le film documentaire dont nous projetterons un extrait ce jeudi à la Bibliothèque Georges Brassens :

Saigneurs de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier, ISKRA 2016

Saigneurs, de Raphaël Girardot et Vincent Gaullier, Iskra 2017
Dans un abattoir, symbole de ce monde du travail qui cache ses prolétaires et le sale boulot, des femmes et des hommes oscillent entre fierté du savoir-faire et fatigue du labeur. Ils nous parlent de pénibilité, de dangerosité et de précarité. Ils sont découpeurs, tueurs, dépouilleurs, estampilleurs, saigneurs. Seigneurs, car ils portent toute la noblesse de l’être humain en même temps que sa tragique dépréciation.

Venez jeudi en discuter à la bibliothèque !

 

 

 

 

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